L’épicondylite – Tennis Elbow

Même si la clinique et le mode évolutif sont comparables à une tendinite : il ne s’agit pas d’une tendinite mais d’une atteinte dégénérative avec hyperplasie angiofibroblastique.

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L’ÉPICONDYLITE : PAS VRAIMENT UNE TENDINITE

Même si la clinique et le mode évolutif sont comparables à une tendinite : il ne s’agit pas d’une tendinite mais d’une atteinte dégénérative avec hyperplasie angiofibroblastique.
L’épicondylite est une atteinte des extenseurs du poignet dont l’origine se situe sur l’épicondyle. Elle se révèle par la douleur.
Cette pathologie est très fréquente chez les travailleurs manuels (gestes répétés ou en force), préférentiellement des femmes, entre 40 et 60 ans avec atteinte du coté dominant. Parmi les facteurs de risque, des facteurs psychologiques ont également été décrits (faible soutien ou satisfaction au travail).

Cette pathologie touche entre 1 à 3 % de la population générale mais elle est plus fréquente chez les travailleurs manuels avec une prévalence jusqu’à 13% pour l’épicondylite latéral et 4% pour l’épicondylite médial. Elle est plus fréquente chez les femmes, souvent entre 40 -60 ans et touche préférentiellement le coté dominant.
Certains facteurs de risque ont été décrits : des facteurs physiques tels que les activités en force ou gestes répétés ainsi que les postures inconfortables au travail principalement, mais également des facteurs psychologique tels que le faible soutien au travail, la faible satisfaction professionnelle ou les symptômes dépressifs.

Diagnostic de l’épicondylite

1) Clinique :

Le diagnostic est principalement clinique. il est défini par une douleur intense à la palpation de l’épicondyle avec souvent une irradiation dans l’avant-bras.
On peut rechercher une douleur en extension contre résistance du poignet.
Les patients se plaignent également d’une diminution de force de préhension dans leurs activités sportives et quotidiennes.

Plusieurs tests diagnostics existent pour l’épicondylite latérale :

  • Thomsen test : positif en cas de douleur en extension contre résistance du 3ème métacarpien (coude étendu, pronation et flexion 30° du poignet).
  • Le « Chair test » : douleur lors du soulèvement d’une chaise par le patient, coude en extension et avant bras en pronation.
  • Une irritation du nerf inter osseux postérieur (branche du nerf radial) peut être associé dans 5 à 10% des épicondylites latérales : on recherchera un réveil des douleurs avec irradiation dans l’avant-bras lors de la palpation ou percussion d’une zone située à trois travers de doigts du pli du coude (signe de Tinel).

2) Examens complémentaires

Radiographie :

On peut visualiser des calcifications dans 7% des cas.
Elle n’a d’intérêt que pour éliminer un diagnostic différentiel (ostéo arthrite humero radiale, ostéochondrite disséquante, corps étranger articulaire…)

Echographie :

c’est l’examen de référence mettant en évidence un tendon anormalement fin ou épais, avec des fissurations ou calcifications et une hypervascularisation au doppler.

IRM :

en cas de doute diagnostique, elle est plus sensible mais plus chère !
Elle permet de visualiser les anomalies structurelles du tendon plus précisément. Cependant, la sévérité des lésions n’est pas corrélée à la sévérité des symptômes ni à la stratégie thérapeutique.
Elle à un intérêt en pré-opératoire pour éliminer une pathologie intra articulaire (synovite huméro radiale)

TRAITEMENT : CONSERVATEUR le plus souvent

L’évolution naturelle d’une épicondylite est une résolution spontanée sans traitement entre 1 à 2 ans.
Le traitement conservateur est le traitement de référence : il doit être mise en place et bien conduit sur un minimum de 6 mois à 1 an de façon systématique en première intention.

1) Prévention

La prévention doit toujours être une priorité :
– Hygiène de vie : arret tabac, alimentation ( obésité)
– Aménagement du poste ou temps de travail, ergonomie, changement professionnel
– Correction geste ou posture
– Repos mais non complet
– Soutien psychologique et social

La technique du revers

Au tennis, c’est souvent la technique de revers qu’il faudra modifier avec son entraineur. Le revers à 2 mains est moins traumatisant pour les muscles épicondyliens.
Il faudra également s’assurer que le manche de la raquette est de bon diamètre, voici 2 méthodes pour s’en assurer :

La kinésithérapie est la première ligne de traitement qui a prouvé son efficacité : elle comprend principalement les massages classiques, la rééducation extrinsèque, renforcement musculaire, étirement, correction du geste…
Des exercices d’auto rééducation doivent accompagner quotidiennement la kinésithérapie.

On peut proposer d’y associer le port d’une orthèse de repos du poignet la nuit uniquement ou également en journée selon l’intensité des douleurs.

Du point de vue physiothérapie, il existe de nombreuses techniques : US, ondes de chocs, électrothérapie, chaleur ou cryothérapie, laser… dont aucune n’a prouvé sa supériorité sur le long terme.

3) Injections ?

Les injections de corticoïdes sont controversées. Si elles procurent une amélioration des douleurs à court terme , il existe un risque accru d’échec au traitement conservateur à long terme et à la chirurgie. Toutefois pour certains elles font encore partie de l’arsenal diagnostique (l’infiltration loco dolenti, si elle apporte un soulagement rapide, confirme le diagnostic si besoin était) et thérapeutique (quand un soulagement de quelques semaines est nécessaire).

Les injections de PRP ou de sang autologue sont également controversées, leur efficacité n’étant pas certaine.

Les injections d’acide hyaluronique sur les épicondylites rebelles sont en cours d’évaluations et semblent montrer de bons résultats cliniques, sans effet secondaire : à suivre

TRAITEMENT CHIRURGICAL

Le traitement chirurgical peut être proposé après échec du traitement conservateur bien conduit au moins 6 mois à 1 an.
Le principe du traitement chirurgical consiste à exciser les tissus fibreux dégénératifs du tendon. Ils existent plusieurs techniques chirurgicales : à ciel ouvert, en percutanée ou sous arthroscopie dont les résultats sont similaires.
Une décompression du nerf inter osseux postérieur peut y être associé en cas d’irritation clinique de celui-ci.

Le protocole post-opératoire est défini par le chirurgien selon sa technique chirurgicale avec souvent une immobilisation relative en post-opératoire immédiat.
Une amélioration des douleurs peut être attendue en moyenne en 3 à 6 mois.

Cependant, la chirurgie ne garantit pas une efficacité systématique sur les douleurs et le patient doit être prévenu. Certains facteurs de risque d’échec du traitement chirurgical ont été décrits : l’âge avancé, l’obésité, le tabac et l’injection préalable de corticoides.

À RETENIR

  • Epicondylite : douleurs à la palpation de l’épicondyle, douleur contre résistance.
  • Recherche une compression du nerf interosseux postérieur associée.
  • Imagerie : echographie
  • Traitement toujours médical en première intention : prévention ++, rééducation, attelle, repos, modification des pratiques.
  • Adresser à un chirurgien avec IRM si échec du traitement médical bien conduit pendant minimum 6 à 12 mois.

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